J'aime beaucoup les belle histoires. Pas vous? Les belles histoires, il n'y a que ça de vrai dans la vie. Celle que vous allez lire n'est pas de moi. Elle est issue d'un très beau livre de Thierry Pasquier, "LE GUERRIER INTERIEUR". Je vous cite un extrait, car quand on est chef d'entreprise ou ministre, ou chef d'Etat, on a peut-être tendance à oublier ce qu'il y a autour de nous ainsi que les gens que nous aimons. Cela fait du bien de se rappeler les choses les plus authentiques de la vie. Je les avait oubliés moi-même, je les applique autant que possible maintenant. Je fais attention. J'éssaie d'être le plus disponible possible.Voici l'histoire, il était une fois....
Le respect, c'est donner aux autres d'abord ce qu'ils veulent, ce qu'ils peuvent recevoir. C'est réchauffer au lieu de brûler. Alors peut-être certains voudront un peu plus de ce que le guerrier peut leur offrir. Un Guerrier est satisfait d'enseigner à travers ce qu'il fait, en attendant que quelqun, dans son monde, demande davantage. Cette attitude à la fois passionnée, respectueuse et attentive est le secret du bonheur, que cette fable résume:
Un certain négociant envoya un jour son fils apprendre le secret du bonheur auprès du plus sage de tous les hommes, qui vivait retiré dans une île enchantée. Le jeune garçon prit sa barque à voile et navigua pendant quarante jours contre vents et marées. Un matin, il arriva en vue d'une île escarpée et luxuriante, avec un beau chateau au sommet de la montagne insulaire.
Au lieu d'y trouver un saint homme recueilli, notre héros entra dans une salle où se déployait une activité intense: des marchands entraient et sortaient, des gens bavardaient dans un coin, un petit orchestre jouait de douces mélodies et il y avait une table chargée des mets les plus délicieux de cette région du monde. Le sage parlait avec les uns et les autres et le jeune homme dut patienter deux heures avant que ne vînt enfin son tour.
Le sage écouta attentivement le jeune homme lui expliquer le motif de sa visite, mais lui dit qu'il n'avait pas le temps de lui révéler le secret du bonheur. Il lui suggéra de faire une visite du palais et de revenir ensuite.
"Cependant, je veux vous demander une faveur", ajouta le sage en remettant au jeune homme une petite cuillère, dans laquelle il versa deux gouttes d'huile: "Tout au long de votre promenade, tenez cette cuillère à la main, en faisant en sorte de ne pas renverser l'huile".
Le jeune homme commença à monter et à descendre les nombreux escaliers du palais, sans quitter des yeux sa cuillère. Au bout de deux heures il revint voir le sage.
Alors, demanda ce dernier, avez-vous vu les tapisseries de Perse de ma salle à manger? Et le parc que le maître jardinier a mis dix ans à créer? Avez-vous remarqué les beaux parchemins de ma bibliothèques?
Le jeune homme, confus, dut avouer qu'il n'avait rien vu du tout. Son seul souci avait été de s'acquitter de son service et de ne point renverser les gouttes d'huile que le sage lui avait confiées.
"Eh bien! Retourne faire connaissance avec les merveilles de mon univers, lui dit le sage. On ne peut pas se fier à un homme si l'on ne connait pas la maison où ol habite"
Plus rassuré maintenant, le jeune homme prit la cuillère et retourna se promener dans le palais en prêtant attention, cette fois, à toutes les beautés accrochées aux murs et aux plafonds. Il vit aussi les jardins, la vue magnifique sur l'océan, la délicatesse des fleurs de ce lieu enchanteur. Tout avait une place harmonieuse et semblait mettre les autres éléments en valeur. De retour auprès du sage, il relata de façon détaillée tout ce qu'il avait vu.
"Mais où sont les deux gouttes d'huile que je t'ai confiées?" demanda le sage.
Le jeune homme, regardant alors la cuillère, constata avec stupeur qu'il les avait renversées.
"Eh bien! dit alors le sage des sages, c'est là le seul conseil que j'aie à te donner: le secret du bonheur est de regarder toutes les merveilles du monde, mais sans jamais oublier les deux gouttes d'huile dans notre cuillère."
Quoi que nous fassion ou vivions, nous pouvons le faire avec joie et concentration, comme nous le raconte cette fable. C'est cette tension entre deux processus simultanés qui crée la joie paisible. Le regard intérieur intensifie la conscience pour nous concentrer exactement sur ce que nous voulons; l'abandon, le lâcher-prise, nous permet de nous libérer de toute pensée naissante. Voilà la vraie méditation du Guerrier qui se passe naturellement tout au long de la journée.
THIERRY PASQUIER
Le Guerrier intérieur